Le transhumanisme dans la fiction : l’homme immortel dans tous ses états

Dans Ad Vitam, une série française d’anticipation diffusée sur Arte, le réalisateur Thomas Cailley pose la question suivante « Avez-vous vraiment envie de vivre éternellement ? » Cette série dystopique traite du sujet de la vie éternelle et du transhumanisme dans un style futuriste et spirituel.  Voilà une belle occasion pour revenir sur la question de la vie éternelle et de son traitement par la fiction.

Aujourd’hui le transhumanisme est partout ! Ce thème qui fascine ou révulse inonde les médias, les colloques scientifiques, les chaires universitaires, les forums de discussion et son actualité grandit à la faveur des avancées technologiques.

L’origine du transhumanisme réside dans le refus du vieillissement et de la mortalité. Ainsi l’impulsion transhumaniste et tous les fantasmes qui en découlent remontent aux récits et mythes sur la quête de l’immortalité comme par exemple l’épopée de Gilgamesh, la Fontaine de Jouvence, l’élixir de vie, …

Le premier genre artistique à s’être emparé du sujet est la littérature. Nombre d’auteurs ont imaginé des utopies et des dystopies à l’aide de romans d’anticipation et de sciences fictions dessinant des futurs plus ou moins probables.

Mais il est un autre genre qui s’est très rapidement penché sur le transhumanisme pour fournir au public des supports de réflexion : le cinéma. Le 7ème Art a produit des chefs d’œuvre en mettant en scène l’Homme augmenté. Bienvenue à Gattaca est un film américain d’anticipation réalisé par Andrew Niccol, sorti en 1997. Bien que traitant de la question de l’eugénisme, il interroge remarquablement les avancées de la science et les manipulations génétiques prônées par les transhumanistes. The Fountain (2006) est une pure merveille poétique, qui emmène le spectateur dans un voyage temporel, et l’interroge sur son rapport au temps. En évoquant son film, le réalisateur, Darren Aronofsky, questionne : « nous sommes tellement préoccupés par notre obsession du corps que nous en négligeons l’esprit. C’est l’un des thèmes centraux que je voulais aborder dans ce film : la mort nous rend-elle humains ? Si l’on pouvait vivre éternellement, perdrions-nous notre humanité ? »

Aujourd’hui la série est un genre en pleine expansion. De nombreux réalisateurs ont décidé de porter à l’écran la question de la vie éternelle avec ce format qui régale les spectateurs, notamment sur la plateforme Netflix. La série à succès Black Mirror explore de manière brillante les plus belles innovations de l’humanité tout en soulignant les dangers du transhumanisme. Sortie en novembre dernier, Ad vitam montre que les Français sont capables d’aborder ce sujet avec brio et intelligence. Cette dystopie vaut la peine d’être vue car elle pose de réelles questions éthiques et philosophiques sur les progrès technologiques et la direction que prend la société.

Un sujet si actuel et fascinant que le transhumanisme peut-il être traité autrement qu’à l’écran, où les effets spéciaux permettent la mise en scène d’un futur ultra technologique ? La réponse est oui ! Une troupes de jeunes bénévoles, comédiens, artistes, producteurs et amateurs se sont lancé le défi d’adapter la pièce de Gustave Thibon Vous serez comme des dieux (1959) en spectacle musical. Vertical est une association composée de jeunes bénévoles qui se questionnent sur le monde : la scène devient ainsi l’écho de leurs réflexions et aspirations. La pièce de Thibon pose la question de la vie éternelle : dans un monde parfait où la science rend les hommes immortels, une femme remet en question cette existence qu’elle juge vide de sens.

A l’heure où le transhumanisme a été massivement traité en littérature et à l’écran, le spectacle musical Vous serez comme des dieux est un projet original et audacieux qui propose de poser des questions essentielles sur les planches et en musique !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *